De retour !

Petits amis.

Désolée pour ma longue absence.

La chaleur plus qu’intense était fort troublante.

Honnêtement, je ne me rappelle pas d’avoir autant sué de toute ma vie.

C’était comme être dans le plus chaud des saunas 24 heures sur 24.

Après des journées à frôler les 50 celsius ressentis, je pense que tout mon corps y compris ma tête ont commencer à souffrir (ou bien à cuire ? ).

Il y a quelque chose (ou p-e quelque chose qu’il manque ?) d’étrange avec cette résidence.

Je ne sais pas par où commencer et je ne veux surtout pas m’éterniser sur ces impressions que je sais bien n’être fort probablement que passagères.

Je crois tout simplement avoir de la difficulté à m’adapter, à trouver mon rythme.

Ici, tout est très différent en comparaison avec mes autres expériences de résidence.

J’ai été habituée à des résidences de quasi isolement monastique pendant lesquelles j’étais laissée seule à moi-même avec une entière liberté en regard de l’occupation de mon temps, de mes pensées.

Même si cela pouvait être parfois difficile, je crois qu’en même temps, j’appréciais énormément cette incroyable liberté et cette bulle de création en retrait qui me sont si chères. Mon passé d’enfant unique ont fait de moi un petit être qui apprécie grandement ces moments passés à me créer des univers dans lesquels je partais à l’aventure.

La Finlande, ça a été ça.

Je crois que je suis un peu frustrée, mais surtout encore en adaptation je dois me le rappeler, de ne pas sentir cette si grisante liberté.

Ici, tout est très structuré avec des ateliers et autres activités qui sont planifiés. J’habite avec 8 autres personnes (que j’adore vraiment toutes, quelle belle gang !) mais je ne suis aucunement habituée à ça ! ahhhaha

Je dois trouver un équilibre.

Donc oui, je ne retrouve pas cet été d’exaltation que je ressentais en Finlande.

Ici, il fait trop chaud, je ne peux pas explorer les environs.

Il fait même trop chaud pour travailler.

Mon corps doit se battre pour ne pas mourir ! ahahahah !

La forêt est attirante, mais les créatures qui s’y cachent probablement met fin abrupte à mon envie de m’y perdre.

Les dangers potentiels se cachent partout :

Les milles-pattes et autres insectes qui n’attendent que le bon moment pour me piquer, les esprits du Japon me guettent dans un petit coin sombre.

Les serpents qui tentent de s'introduire par la porte patio de la cuisine.

Les maladies exotiques.

Sentiment d’être isolée sans l’être.

Onishi est littéralement prisonnier de montagnes aux 4 points cardinaux.

Derrière ces montagnes, ça semble être la fin du monde.

La ville est trop loin des grands centres (aller à Tokyo prend 3h) pour s’y aventurer.

Il y a toujours toujours quelqu’un (les tentations de ne pas travailler sont si fréquentes… il suffit de se laisser embarquer dans une conversation… pourtant bien agréable).

Même dans ma chambre, les murs sont si minces qu’il faut faire bien attention et les portes japonaises ne réussissent pas à m’isoler de par leur transparence.

Je suis même prisonnière de mes propres insécurités !

Mais qu’est-ce que je fais ici !!!

OUF !

Ok ok .

.

On relaxe.

Un peu d’air frais depuis hier soir.

Je pense que je panique un peu.

Pour rien.

Je suis maintenant convaincue que la chaleur n’aidait pas à me sentir bien.

Ok, c’est différent de la Finlande.

Of course !

Rien n’est jamais pareil…

Je pense que ça va aller.

Aujourd’hui me le prouve.

D’ailleurs rien de mieux pour dealer avec une situation difficile que de s’en servir pour créer.

Il y a quelque chose d’intéressant dans toutes ces insatisfactions.

Mine de rien, j’ai d’ailleurs commencé à avoir de bonnes idées, les choses avancent.

2 choses :

Une performance dans laquelle j’utilise un bambou dans lequel j’ai mis un micro cravate et un micro-contact. Le bambou me sert d’interface de jeu (il y a comme un grand orifice ayant un peu la forme de l’embouchure d’une flûte traversière) qui me sert à moduler des feedbacks par exemple. J’ai vraiment envie de faire quelque chose de différent d’abord en utilisant un interface de jeu et puis en abordant le tout sous un angle de performance. J’y vois clairement une genre de mise-en-scène (encore vague, mais reliée à la notion de rituel).

Une installation sonore à plusieurs éléments.

D’abord une roche et une petite branche suspendues à un fil, lequel est attaché à un long bambou rouge posé dans le coin d’une pièce.

Un petit ventilateur souffle sur ces éléments, causant ainsi leur déplacement.

La branche touche à la roche, la roche se cogne contre un petit vase en verre transparent dans lequel se trouve un insecte qui a rendu l’âme très lentement dans notre studio.

Sous le vase, un microphone contact captant le choc de la roche contre le vase, lequel est amplifié et passé dans de la réverbération.

Ça fait extrêmement longtemps que je songe à amplifier de manière exagérée de petits évènements, de petits sons qui se produisent dans un espace…

Un autre élément : un bambou dans lequel il y aura un petit haut-parleur qui y diffusera un enregistrement (qui reste à déterminer).

Ce sera comme si c’est le bambou lui-même qui générait ces sons.

Puis, fort probablement un 3e élément.

Une projection vidéo à partir d’un pocket projector sur de l’eau (un petit bac d’eau par exemple). (courte vidéo en boucle à déterminer…)

Je souhaite évoquer à travers cette installation mon expérience du Japon : un malaise côtoyant de l’émerveillement.

C’est encore un peu tôt pour en dire davantage, mais ça viendra !

Mon installation occupera une partie de la pièce et celle de Charlotte, l’autre.

Nous aurons d’ailleurs le privilège d’exposer à l’étage d’une petite maison près de l’espace où tous les autres exposeront.

Une petite pièce bien dark, presque pré-hantée.

Je tiens aussi à travailler sur une vidéo.

Je ne crois pas que je la présenterai dans le cadre de l’expo par contre.

Je cherche à explorer une nouvelle esthétique, sortir de mes réflexes confortables.

(tiens tiens, pas juste pour la vidéo, mais pour tout ce que je tente de faire ici.)

C'est difficile de ne pas avoir le réflexe inconscient de re-créer encore et encore quelque chose de très similaire à ses oeuvres précédentes parce qu'on sait que ça fonctionne...

C'est frustrant !

hahaaha !

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