Mukade to Kitsune


Oh là là !

Je vous écris mais je ne devrais pas.

J’ai eu une journée super éprouvante.

Il est déjà trop tard.

Je devrais clairement penser à me reposer.

Mais bon, je ne suis pas dans la vie normale, je suis en résidence.

Ça permet ce genre de folie.

D’abord une nuit pas super reposante.

Un réveil souligné d’un effroi relié aux fantômes ou autres présences de toutes sortes.

Japon maléfique.

Pays peuplé de créatures hautement dangereuses.

Une matinée qui a commencé vers les 5h am passée à me documenter sur le shinto, ses créatures maléfiques les plus effroyables les unes que les autres, les champignons (j’essaie de trouver l’inspiration absoule pour une application à Milieux, un centre de Bio Arts lié à Concordia)…

Une journée qui s’amorce d’une façon un peu étrange.

Rien de particulier.

Une vague sensation que quelque chose est off.

On va se promener Charlotte et moi pour prendre des images diverses en lien avec la nature puis on se rend è un photoshoot pour le flyer de notre groupe à Shiro Oni.

Je ne me sens pas très à ma place, à me promener dans les rues ultra tranquilles d’Onishi.

J’ai l’impression très désagréable de déranger.

De ne pas être la bienvenue.

Les gens ne nous retournent pas systématiquement notre fort sympathique Konnichiwa, on nous dit d’arrêter de filmer de manière polie mais tout de même inconfortable.

On nous demande ce qu’on est allées faire, sous le pont.

Seulement marcher, monsieur, seulement marcher.

Toujours cet inconfort qui me suit comme un nuage vague de malaise.

Puis, à l’atelier.

Charlotte me dit : Oh ! regarde ! il y a un genre de mille-pattes !

Je lui dis que je le trouve plutôt mignon puisqu’il est petit, il finit par s’enfuir, se cacher sous le mur.

La nature est si belle.

Je la respecte énormément.

On joue un peu de musique, bien assises sur les tatamis, toutes innocentes.

Soudain.

Une brulure à mon petit orteil gauche.

Mouvement brusque de peur.

Mon corps réagit en un instant de réflexe.

Mon pied gauche se lève : le petit ami à milles pieds vient de me piquer ! ! ! ! ! ! ! !! !

Vraiment là, je capote.

Ça y est, je vais mourir.

Charlotte m’aide à garder le calme que je ne peux trouver en moi.

Vite à la maison d’en face !

Le couple de japonais qui sont aussi résidents !

Le père de la fille est médecin.

Elle prend en charge la situation, me met de la crème avec stéroïde, me donne de la glace et me recommande de garder un œil très très très attentif sur ce qui va se passer dans les prochaines heures.

Au moindre signe d’enflure, de rougeur extrême ou autre, je dois me rendre à l’hôpital.

Non, je ne mourrai pas, mais en même temps, c’est pas juste une piqure de moustique non plus.

Après un repas de Chirashi Sushi des plus authentiques, (je dois mentionner ici l’expérience plus qu’unique de manger du calmar en sashimi = sensation que le morceau fond dans la bouche en se liquéfiant de manière crémeuse, onctueuse) mon orteil a retrouvé son état normal.

Je ne mourrai pas cette fois.

Encore sous le choc, nous partons vers une randonnée qui nous mènera vers un temple shinto.

30 minutes de vélo, dont le tiers à gravir des pentes essoufflantes.

C’est à bout de souffle que j’arrive sur les lieux sacrés.

Après une purification et un petit rituel pour avertir les dieux de notre arrivée, il est temps de poursuivre notre ascension vers les dieux.

Des milliers de marches rembourrées par des milliers de feuilles d’arbres décomposées semblent se renouveler à l’infini au fur et à mesure qu’on avance dans ce chemin parsemé de statues, de symboles et de cigales (cicadas) qui font un bruit incroyablement puissant.

Tiens tiens…. !

Toute cette aventure n’a pas l’effet escompté.

Je ne me sens pas dans la magie de ma forêt finlandaise.

Non.

Ce n’est pas tellement agréable, devrais-je dire.

Je ne me sens pas à ma place, pas la bienvenue.

Derrière ces bambous géants, cette lumière éclatante filtrée par les grands pins et autres conifères, je sens quelque chose d’opprimant.

Le chemin du retour est accompagné de dangers, de risques, de potentiels d’accident.

Non, merci, je n’irai pas avec vous me baigner cette fois-ci.

J’ai besoin d’être seule, en sécurité, dans une maison fort probablement hantée elle aussi.

Journée étrange.

Pas cool.

Soirée qui fait du bien, qui aide à voir clair en compagnie de Charlotte et du saké restant de la soirée d’hier soir.

Je réalise quelque chose.

Non, on ne me veut pas du mal, ici au Japon.

Les forces mystérieuses du Japon n’essaient pas de me tuer, de me blesser.

Elles essaient plutôt de me challenger.

Elles me mettent à l’épreuve en parsemant ma route de choses épeurantes, inconfortables.

Mais au fond, elles ne sont pas méchantes.

Elles jouent plutôt avec moi, sachant très bien que je peux me sortir indemne de toutes ces situations.

Je les images rirent de moi.

Mais pas tellement méchamment.

Serait-ce un Kitsune ?

Ces renards malicieux qui jouent de mauvais tours ?

Je sais que c’est probablement un peu fou, mais je pense que c’est quelque chose du genre.

Non, je ne vais pas mourir.

Je vais en sortir tellement plus forte !

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